samedi 7 janvier 2012

Les Rasta

Les rastafari sont une communauté mystique. Les adeptes sont des garçons reconnaissables à leur cheveux longs, une attitude relâchée, à leurs couleurs caractéristiques (rouge, jaune, vert) et un vocabulaire spécifique ("cool", "hakuna matata").

Ils semblent à la marge de la société, car les gens les considèrent un peu comme les anciens zazous ou hippies en Europe : fainéants, drogués, mal élevés. Les Burkinabè ont des conventions sociales conservatrices : un couple ne doit pas se tenir la main dans la rue, l'homme ne doit pas marcher derière la femme (ça lui "donnerait des envies") et le protocole des salutations est long et complexe.

Le Rasta rechechent volontiers la compagnie des Blancs. Ils n'hésitent pas à les aborder dans la rue peur leur vendre des "objets artisanaux" ou les inviter à des fêtes où ils jouent du djembé.

C'est assez typique de voir une jeune Blanche accompagnée d'un ou de pluiseurs rasta, qui la traitent avec une familiarité très peu burkinabè.

Ouagadougou

Ouagadougou ("village des Ouaga") est la capitale du Burkina Faso ("pays des hommes intègres"). Nous arrivons vers minuit. Il fait chaud, les queues sont informes, les pupitres de la douane sont sponsorisés par un des opérateurs de téléphonie mobile du pays, qui va jusqu'à peindre à ses couleurs des châteaux d'eau. Le douanier nous souhaite joyeusement la bienvenue en moré, la langue du centre du pays, que Magali pratique honorablement.

Frère Victor, un ami de Magali, vient nous chercher en voiture. Il est prêtre et directeur d'une école réputée de la ville. Sa résidence de fonction est en face de l'école. Elle est meublée simplement, avec des crucifix et des portraits de la hiérarchie ecclésastique aux murs, la télévision est souvent allumée.

Le lendemain, nous faisons un tour au centre-ville. Il est quadrillé par de larges avenues goudronnées. Quand il y a suffisamment d'espace sur leurs bords, il est envahi de kiosques plus ou moins bien construits où se vendent fruits, cartes de téléphone, bols de riz, etc.

Nous passons la journée à arpenter les trottoirs. Entrés dans ce qui nous pensions être la bibliothèque nationale, nous aterrissons dans le bureau sombre et climatisé d'un haut fonctionnaire qui nous présente le pays. Notre couleur de peau nous ouvre des portes inattendues...

Nous rentrons la nuit tombée, renonçant à arrêter un taxi.

Alger

Nous faisons le trajet Lyon - Ouagadougou via Alger.

Notre voisine dans l'avion est une algéroise originaire du sud du pays, voilée, à la peau très noire. Elle semble pas comprendre pourquoi nous voudrions visiter le Burkina Faso, pays dont nous lui apprenons l'existance, alors qu'il y a " tout en Algérie ". Elle a tout de même pitié de nos 6h d'attente en transit, et nous donne la petite bouteille d'eau de son plateau repas et même 6 dirhams pour que nous puissions acheter quelque chose sur place.

C'est toujours intéressant de regarder les villes lors de l'approche de l'avion. Vue d'en haut, Alger semble riche et prospère, verte, avec des autoroutes spatieuse où on roule à droite : rien ne n'évoque l'Afrique.

Le hall de l'aérogare est spatieux et moderne. Seul indice qui évoque le continent : les cigarettes allumées à deux mètres d'un gigantesque panneau "interdiction de fumer". Un douanier de grade élevé, comme attesté par son attitude assurée et condescendante, montre l'exemple.

Trois prêtres, deux Français et un Burkinabé, attendent le même avion que nous. Magali connaît un peu un des Français. Discussions sur la politique de l'église française, qui importe des prètres burkinabés pour pallier la raréfaction des vocations.

Le deuxième vol est nocturne.